« Un éléphant ça trompe énormément »

Publié le par Chambéry CAP A GAUCHE

« Un éléphant ça trompe énormément »

Conférence de presse

Bilan d'1 an de gestion de droite et perspectives de rassemblement ?

Un an déjà ou 5 ans encore et c'est déjà la règle de l'austérité budgétaire.

Michel Dantin et sa majorité de droite trompent les Chambériennes et chambériens et ne tiennent compte d'aucun de leurs engagements de campagne électorale à l'exception de leur clientèle classique : les commerçants (gratuité des parkings le samedi) et la population favorable à la sécurité sécuritaire (multiplication des caméras de vidéosurveillance, création d'un centre de supervision et embauche d'agents à la police municipale).

Pour financer ces choix, les caisses ne sont plus vides !

Le renoncement aux engagements électoraux ne peut qu'accroître l'abstention et le vote Front National.

Et souligner, à cet égard, l'absence de liste FN aux élections municipales n'est sans doute pas inutile !

Quelques dossiers emblématiques de la politique et de la gouvernance menées depuis un an et qui ont un impact certain sur les chambériens.

L'école et l'éducation est bien le marqueur d'une politique de droite ouvrant la porte à une fuite, déjà constatée, des élèves vers le privé.

La gestion du dossier des rythmes scolaires et de la mise en place des activités périscolaires est calamiteuse et va avoir de lourdes conséquences pour les enfants des écoles publiques de Chambéry, et plus particulièrement ceux des écoles situées dans les quartiers prioritaires classés en REP + et leurs familles.

La fin de la gratuité, même des études surveillées, est la mesure la plus injuste socialement et économiquement. C'est un choix idéologique, on pourrait même dire un choix de classe, que de faire payer les familles les plus fragiles et ce, au même tarif que les familles les plus riches. Il en va de même de la remise en cause des garderies (sauf celle du matin) et des activités périscolaires tarifées avant même d'en connaître le contenu.

Chambéry Cap A gauche soutient et accompagne le collectif pour l'école publique à Chambéry qui s'est constitué il y a quelques mois et qui vise au rassemblement des acteurs de la communauté éducative pour élaborer des propositions dans l'intérêt de tous et bien évidemment contester les mesures allant à l'encontre de la réussite pour tous.

L'école est bien un enjeu politique majeur et la manière dont est conduit la politique envers les élèves de l'école publique de Chambéry en est une illustration.

Nous avons distribué une expression devant toutes les écoles pour informer les parents des décisions de la nouvelle majorité, contraires à l'intérêt général.

C'est un coût moyen de 205 euros pour un enfant auquel il faudra ajouter l'augmentation des tarifs de la cantine scolaire, et de tous les autres services publics locaux (Cité des Arts, Bibliothèque et Médiathèque, .....) sans parler de la fermeture de certains services publics réduisant ainsi l'offre aux usagers.

Le second dossier emblématique est l'augmentation de la fiscalité locale avec la double peine pour les chambériens : la fin de l'abattement général à la base de la taxe d'habitation et l'augmentation des taux de taxe d'habitation et de taxe foncière.

Une personne touchant 1000 € par mois va voir son imposition augmenter de 23 %.

C'est purement scandaleux et là encore injuste socialement et économiquement sachant qu'en l'absence de révision des valeurs locatives cadastrales ce sont les personnes imposées habitant les logements sociaux qui vont être les plus mises à contribution !

Le troisième dossier est celui de la baisse drastique des subventions aux associations (1,6 M€) qui va mettre en péril l'emploi direct et indirect, les politiques culturelles, sportives, de jeunesse, d'enfance et de petite enfance, de quartier et de cohésion sociale et à court terme l'existence même de certaines d'entre elles.

Ce choix politique a occasionné une réaction importante du monde associatif et des citoyens le 13 avril conduisant le maire a fermer les portes de la salle du conseil municipal.

L'opposition a d'ailleurs déposé un recours auprès du préfet, il est en cours d'examen.

Le quatrième dossier est le recrutement de cadres "haut de gamme" alors que les caisses sont soit disant vides.

Le recrutement d'un chef de projet pour essentiellement travailler à la refonte du PDU sur des compétences quasi exclusives de l'agglomération est inacceptable. Un autre recours auprès du préfet a été déposé par l'opposition municipale ; il est aussi en cours d'examen.

Le recrutement d'un DGS de classe exceptionnelle à deux têtes (ville et agglo pour le schéma de mutualisation) est tellement exceptionnel que les 2 collectivités s'en séparent un an après son installation ! comme la ville a souhaité se séparer de directeurs recrutés par l'ancienne équipe municipale, certainement trop marqués politiquement.

Cette politique de recrutement de chargés de missions ou de directeurs de projets dont les services de la ville n'ont nullement besoin accompagne la suppression d'emplois utiles.

Des choix politiques justifiés par la situation présumée catastrophique des finances de la ville, les emprunts toxiques et les baisses de dotation de l'Etat.

Un discours bien rôdé depuis les municipales, bien relayé par les médias locaux et qui malheureusement prend chez les chambériens.

Tentons de tordre le cou à toutes ces approximations financières et cette campagne anxiogène, d'autant plus facile à orchestrer qu'un grand nombre de citoyens est dans de grandes difficultés économiques et sociales.

Le pétard est parti d'un document "confidentiel" sur les finances de la ville que lui a gentiment adressé un bon citoyen chambérien. Bonjour la méthode très républicaine du débat public, c'était peut-être l'amorce de la nouvelle gouvernance proclamée.

Et 15 mois après, la campagne d'intoxication (comme quoi il n'y a pas que 2 emprunts qui sont toxiques) se poursuit de plus belle.

Depuis son élection, le maire ne cesse d'inquiéter les chambériennes et les chambériens sur la situation financière de la ville (on a eu des annonces de toutes les couleurs, budget voté en déséquilibre, mise sous tutelle de la ville,...)

La municipalité entretient volontairement l'amalgame et joue à l'équilibriste.

Tout en soutenant la politique du gouvernement sur la baisse des dotations prônant même des coupes de 100 milliards d'euros dans les dépenses publiques dont celles des collectivités territoriales, la municipalité accuse ce même gouvernement d'amputer les ressources de la ville.

Après la commande privée d'un audit (alors qu'il aurait pu être réalisé par les services de la ville ou ceux de l'Etat), audit qui a "enfoncé des portes ouvertes" à savoir un endettement important de la ville et des marges de manœuvre d'autant plus réduites que l'Etat diminue drastiquement ses dotations.

La ville est endettée, certes mais à quoi correspond cet endettement ?

La valeur comptable des actifs de la ville est de 556 millions d'euros pour un endettement de 123 millions d'euros.

La ville est-elle en faillite ? Assurément pas.

Face à ce stock de dettes, il y a une multitude d'équipements et d'infrastructures utiles à la population tels des écoles, des crèches, des halte-garderies, des musées, des théâtres, Malraux, le Scarabée, la cité des Arts, des bibliothèques, une médiathèque, des stades, des gymnases, des centres sociaux et culturels, des maisons de l'enfance, des mairies de quartier, des parcs et espaces verts, des kilomètres de voiries communales...

Donc il y une dette utile à la population.

Ce qui pose problème, ce sont les intérêts de la dette qui ne font qu'augmenter les profits du secteur bancaire privé.

Il est temps de créer un service public bancaire qui financerait les collectivités et établissements publics et permettrait ainsi de développer les services publics locaux aux usagers et de développer les investissements indispensables au maintien de l'emploi et plus particulièrement l'emploi local.

Voilà pour la dette et la baisse des dotations.

Sur les deux emprunts toxiques à parité € /franc suisse souscrits en 2006 et 2007, un peu de retenue s'impose.

Nous partageons l'analyse sur le caractère illégitime des intérêts exorbitants demandés, la ville de Chambéry s'est fait piéger comme de nombreuses collectivités toutes tendances politiques confondues.

Il est vrai qu'il est pour le moins anormal, et scandaleux que la banque Dexia, la banque de référence des collectivités, ait pu proposer de tels emprunts. Aujourd'hui nous avons soutenu toutes démarches visant à préserver les finances de la ville.

C'est dans ce sens que notre élu a proposé que la ville adhère au collectif des acteurs publics contre les emprunts toxiques (ce qui a été fait), a soutenu le dépôt d'un dossier auprès du fonds de soutien mis en place par le gouvernement (676 collectivités ont sollicité le fonds). Nous souhaitons maintenant que la ville porte plainte et engage une assignation de la banque (ou de la Sfil) comme l'ont déjà fait plusieurs villes dans la même situation.

En effet, ces intérêts sont illégitimes et ce n'est pas aux chambériens de payer. Il convient toutefois d'en relativiser la charge financière - bien évidemment indue - qui représente 0,6% des dépenses de fonctionnement de la ville (un budget de 100 millions d'euros et 600 000 euros d'intérêts supplémentaires.

Simplement deux chiffres

5,1 million d'euros d'augmentation d'impôts locaux plus 1,6 million d'euros de baisse de subventions pour 600 000 euros d'intérêts supplémentaires des emprunts toxiques, vous conviendrez que la note est salée pour les chambériennes et les chambériens !

Pour Chambéry Cap A Gauche, toute cette agitation politicienne autour du slogan "les caisses sont vides" n'est qu'un habillage pour mettre en oeuvre une politique municipale d'appauvrissement (en vendant les biens de la ville), d'austérité pour les agents territoriaux et la population (augmentation de la fiscalité) et de privatisation / externalisation des services publics.

La droite mène une politique de droite ; quoi de plus naturel ! et il serait bien que la "gauche gouvernementale" mène une politique de gauche.

Alors que les besoins des populations explosent, il faut une tout autre politique tant au niveau national que municipal :

  • arrêt des baisses de dotations aux collectivités afin de favoriser le développement des services publics utiles aux habitants et permettre le maintien des investissements publics créateurs d'activité économique et d'emplois ;
  • reconquête du service public de la restauration scolaire à Chambéry

Concernant la nouvelle gouvernance tant vantée lors des élections municipales, elle ne résiste pas aux faits.

C'est le passage en force partout et pour tout.

Des exemples là aussi emblématiques

La modification des PLU de Bissy et de Chantemerle engagée sans aucune concertation avec les riverains et aujourd'hui contestée ; un recours devant le tribunal administratif est en cours de rédaction par le collectif d'habitants de Chantemerle et un recours gracieux auprès du maire en cours d'élaboration par quelques riverains de Bissy.

Par contre la modification du PLU des Monts a été retirée certainement suite à la contestation d'une riveraine qui a écrit sur le registre de l'enquête publique : "si un maire UMP n'accorde aucune importance aux inquiétudes des habitants du quartier des Monts à qui pourrons nous désormais accorder notre confiance ?"

Aujourd'hui, le dialogue social est totalement bloqué avec l'ensemble des organisations syndicales

Aujourd'hui, c'est l'installation à minima et un an et demi après le changement de majorité municipale, des conseils de quartier pompeusement rebaptisés conseils de quartier citoyens afin de tenir compte de l'évolution législative donnant une importance certaine aux conseils citoyens donc aux habitants.

Encore une fois carton rouge en matière de démocratie participative, les habitants n'étant plus du tout concertés ni écoutés sur quelque sujet que ce soit.

La conception de la démocratie de la nouvelle majorité municipale ne peut que favoriser l'abstention ou le vote d'extrême droite, mais n'est-ce pas l'objectif visé pour se faire réélire, aidé il est vrai par la politique gouvernementale.

Quelles perspectives de rassemblement ?

Nous nous sommes constitués en association Chambéry Cap A Gauche après les élections municipales avec la volonté de poursuivre le contact très riche établi avec la population lors de cette campagne électorale.

Pour battre la droite et l'extrême droite (surprenante absence à Chambéry !) nous avons signé un accord de fusion technique avec la liste de Bernadette Laclais ce qui nous a permis d'avoir un élu au conseil municipal qui garde bien évidemment toute son autonomie.

Depuis nous agissons au quotidien avec les habitants à partir de leur vécu et nous nous faisons aussi l'écho de nos désaccords et propositions lors des conseils municipaux.

Après un an et demi de démarche politique citoyenne, quels sont les constats ?

  • un décrochage total des habitants à la "politique" et à la chose publique : il faut tout construire mais une disponibilité des citoyens, et surtout les plus éloignés de la chose publique", à retrouver du collectif.
  • la crainte d'être manipulés, récupérés, ..d'où l'urgente nécessité de créer des relations de confiance en partant des préoccupations.

Notre action a permis, en toute humilité, de rassembler des personnes vivant isolées dans le même cadre de vie, de les organiser en collectifs d'habitants leur permettant de s'engager dans des initiatives collectives (c'est le cas des collectifs d'habitants du Bois Joli, de la Serpolière, des Acacias Fleuris, de la Tour H, dans une moindre mesure de l'Emeraude).

Chambéry Cap A Gauche est aussi un lanceur d'alerte permettant aux citoyens d'être informés sur les questions touchant la vie municipale ou d'agglomération.

C'est dans ce cadre que nous avons été à l'initiative du collectif d'habitants de Chantemerle, de rencontres avec des riverains de Bissy pour discuter de la modification du PLU.

C'est également dans cet esprit que nous avons proposé une rencontre au monde associatif et que nous poursuivrons ce travail le 18 septembre en constituant un collectif local d'associations citoyennes, que nous poursuivons un travail d'information auprès des parents d'élèves en les invitant à rejoindre le collectif pour l'école publique.

En plus des initiatives en cours dans les quartiers, nous travaillons en ce moment autour de 3 projets que nous allons soumettre aux partenaires institutionnels tels la Région lors de ses appels à projets ou dans le cadre de la politique de la ville et des conseils vraiment citoyens.

Demain, nous organisons une première rencontre d'échanges autour du projet suivant " Le collège Côte Rousse a des atouts" à laquelle nous avons invité des parents d'élèves, des enseignants, des organisations syndicales, des élus directement concernés,...

Il s'agit pour nous de construire un projet dans le cadre de la politique de la ville de reconquête par les habitants de ce lieu éducatif.

Nous travaillons également sur un projet de création d'un centre de santé et à cet égard nous sommes allés visiter, en partenariat avec une mutuelle de travailleurs, celui de Romans sur Isère.

Le diagnostic étant fait sur la nécessité de créer ce type de structure pour répondre aux besoins d'accès aux soins pour tous, construisons ensemble un projet à Chambéry avec tous les partenaires qui le souhaitent.

Ce projet pourrait aussi entrer dans le cadre de la politique de la ville.

Un troisième axe de travail et de réflexion engagé est celui du maintien des espaces verts et plus particulièrement celui du "poumon vert" derrière l'école de Chantemerle où nous sommes en train d'étudier la possibilité d'acheter sous forme coopérative la parcelle afin de la dédier au maraîchage, ou ferme éducative ou...

Tous ces projets pour les gens et avec les gens, c'est le sens de notre engagement quotidien : l'humain d'abord n'est pas un slogan.

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